Réserve de Printegarde Drôme-Ardèche - Domaine fluvial CNR - Eau & Biodiversité

A cheval sur les communes de La Voulte, Loriol, Le Pouzin et  Livron, la réserve de Printegarde s’étend sur 17 km le long du Rhône et 1,2 km le long de la Drôme. Elle est située à la confluence du Rhône et de l'embouchure de la Drôme, une des toutes dernières rivières encore sauvages d'Europe occidentale.

Le site protégé d'une superficie de 677 ha est composé d'une mosaïque de milieux et d'habitats naturels :  eaux libres, plans d’eau, marais, forêts alluviales et roselières d'un intérêt faunistique et floristique remarquable. Une richesse qui lui a valu d'être classé en ZPS, zone de protection spéciale, au titre de la Directive Oiseaux de l'Union Européenne et en site Natura 2000 au titre de la Directive Habitat. Printegarde est par ailleurs classé en Réserve de chasse et de faune sauvage depuis 1975.

C.C Val-de-Drôme en Biovallée
Chargée de mission Natura 2000 Mairie - Le Pouzin (07181) - Loriol et Livron sur Drôme

Le site est un excellent spot de "bird-watching". On peut y observer en toute saison une kirielle d'espèces d'oiseaux qui s'y reproduisent ou y passent l'hiver. Situé sur une des trois principales voies de migration des oiseaux en Europe, Printegarde sert de halte migratoire à des milliers d'oiseaux aussi bien au cours de la migration prénuptiale lorsqu'ils remontent vers le nord de l'Europe pour s'y reproduire qu'au cours de la migration d'automne lorsqu'ils rejoignent leurs quartiers d'hiver situés sur le pourtour méditerrannéen ou en Afrique.

La réserve de Printegrade est entièrement située sur le domaine public fluvial concédé à la Compagnie nationale du Rhône. Elle est proche du barrage-écluse de Baix-Le-Neuf (la cinquième marche de l'escalier hydraulique qui  relie le lac Léman à la mer). Un barrage équipé d'une passe à poissons permettant d’assurer une continuité piscicole et écologique notamment pour les espèces migratrices comme l’anguille, l’alose et la lamproie.

La réserve est accessible notamment par la Viarhôna qui la traverse en partie en offrant de beaux points de vue pour l'observation aussi bien côté Rhône que côté embouchure de la Drôme.

ITINERAIRES NATURALISTES   (Carte IGN 3037SB - CREST)

Depuis Valence, se rendre à La Voulte, traverser le Rhône en direction de Livron et à la sortie du pont sur le Rhône, prendre tout de suite à droite pour longer le fleuve sur quelques kilomètres. Dépasser le barrage mobile sur le Vieux-Rhône, continuer sur environ 100m jusqu'au parking aménagé (Viarhôna) à hauteur du lieu-dit Pommier.

Longer la rive du Rhône vers le Sud ou suivre la Viarhôna qui traverse la réserve (panneaux d’informations sur les oiseaux) jusqu’au pont sur la Drôme d’où l’on dispose d’une vue dégagée sur les roselières. Avant de traverser par le pont en direction du Sud, emprunter dans les deux sens le chemin empierré qui longe la rive de la Drôme jusqu'au Rhône pour des vues sur la rivière (depuis la passe à poissons notamment) et les milieux naturels.

UNE MOSAÏQUE DE MILIEUX NATURELS, UN OASIS DE BIODIVERSITE PRESERVEE VESTIGE DU RHONE ANCIEN

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La richesse du site de Printegarde tient à la  juxtaposition de nombreux habitats naturels qui se complètent et se confortent mutuellement : roselières fluviales à phragmite, herbiers à potamots, ripisylve, mares et marais, surfaces d'eau courante, champs cultivés, contre-canaux...

Le site de Printegarde est constitué de deux entités écosystémiques complémentaires en parfaite symbiose l'une avec l'autre, une entité Rhône et une entité embouchure de la rivère Drôme. Le profil écologique et paysager de ce territoire de "confluence" n'est pas sans rappeler ce qu'était le fleuve avant son aménagement. Le nom de l'île Printegarde ne dérive-t-il de l’expression « Prends tes gardes », en référence aux dangers de la navigation dans le secteur avant que le fleuve soit aménagé.

Le lit du Rhône, l'un des trois plus puissants fleuves européens avec le Rhin et le Danube, était autrefois jalonné d’îles permanentes et d’îlots temporaires. Il ressemblait à bien des égards à celui de la Loire actuelle. Le cours irrégulier et capricieux du fleuve formait au grés des hautes et basses eaux de nombreux méandres. Certains, isolés des forts courants du  lit majeur, finissaient par se transformer progressivement en bras morts, appelés localement des lônes. Des havres de nature vivante d’une richesse biologique que l’on peine à imaginer aujourd’hui.

Pour répondre aux besoins de la navigation, de lutte contre les inondations et de production d’électricité, des digues, enrochements (épis et casiers) et barrages ont été érigés pour « redresser » le cours du fleuve. Des travaux pharaoniques qui ont bouleversé le fonctionnement hydraulique du Rhône et plus globalement l’ensemble de l’écosystème fluvial rhodanien.

Au fil des décennies, l'emprise des forêts alluviales (ripisylves) a nettement diminué suite au déboisement d'une partie des rives et à l’abaissement du niveau de la nappe phréatique en de nombreux endroits. La majorité des lones a ainsi disparu tandis qu'un grand nombre de zones humides qui accompagnaient le fleuve et sa nappe alluviale ont été assèchées ou excavées à des fins agricoles ou d'implantation de sites industriels ou logistiques.

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UN CONSERVATOIRE GRANDEUR NATURE

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La richesse écologique du site tient à l'existence d'une mosaïque d'habitats naturels:

- d'immenses roselières  qui bordent les eaux libres du fleuve et enserrent les herbiers des mares et retenues d'eau des marais. Un habitat stratégique pour la nidification des oiseaux et la reproduction de la faune terrestre et aquatique.

- une  forêt alluviale propice à la nidification d'espèces comme les hérons, aigrettes, milans qui s’étend  sur une cinquantaine d'hectares et 10 km environ de linéaire au nord de la réserve, le long du Petit-Rhône, un ancien lône du Rhône.

- Des eaux courantes particulièrement fréquentées en hiver par les foulques, canards hivernants et laridés.

Printegarde abrite à l'année de 5 à 10 familles de Castor d'Europe dans les boisements qui bordent le Rhône. On peut y repérer leurs terriers-huttes, leurs barrages  ainsi que les traces qu'ils laissent comme les branches taillées en crayon. Printegarde abrite également une population de Loutres d'Europe, espèce particulièrement discrète dont on repère la présence par les traces qu'elle laisse sur le sol (empreintes et fientes).

Ont été recensées sur le site : 56 espèces d'oiseaux nicheurs, plus d'une centaine d'espèces d'oiseaux migrateurs, 45 espèces de libellules dont l’Agrion de Mercure  et la Cordulie à corps fin  d'intérêt communautaire, plus de 200 espèces de papillons, 17 de poissons dont une petite population d’Aprons du Rhône, poisson endémique du bassin du Rhône, six d’amphibiens, dix de reptiles.

La réserve est également le refuge de nombreuses espèces végétales patrimoniales : le Brome rougeâtre, le Silène conique, le Potamot coloré, la Patience maritime ou encore l’Épipactis du castor, une orchidée endémique de la moyenne vallée du Rhône et de la vallée de l’Elbe en Allemagne.

Printegarde est un paradis pour l'amateur de faune et flore sauvages et cela en toute saison.

BALADES ORNITHOLOGIQUES  AU FIL DES SAISONS

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En période estivale

Un recensement des oiseaux nicheurs est effectué chaque année: 56 espèces différentes ont été observées.

Les roselières qui bordent le Rhône  sont un site de nidification pour plusieurs espèces: Rousserolles turdoïdes, Rousserolles effarvattes, Bouscarle de Cetti, Blongios nains, Grèbes huppé et castagneux, Foulque macroule, Gallinule poule-d’eau, Cygne tuberculé, Canard colvert. Exceptionnellement  pour le Grèbe à cou noir et le Fuligule milouin.

La forêt alluviale abrite quant à elle  des colonies de Hérons cendrés et d’Aigrettes garzette. Y nichent également le Bihoreau gris, le Milan noir, le Faucon hobereau, le Pic vert ou encore le Loriot d’Europe.

Le site fréquenté l'été par les Guêpiers d'Europe, le Loriot d'Europe et plus irrégulièrement par la Huppe fasciée  est également le refuge de plusieurs Martin-pêcheur d’Europe. Autant dire qu'avec ces 4 espèces emblématiques, Printegarde est susceptible d'offrir dans la même journée la plus extraordinaire palette de couleur de plumage susceptible d'être observée en Europe.

Quelques couples de Sternes pierregarins nichent au niveau de l’écluse de Logis-neuf située au sud de la réserve.

L’Hirondelle de rivage, migrateur régulier le long du Rhône, est une espèce nicheuse, pour autant que le dérangement lié aux activités d’extraction des carrières situées au sud de réserve le lui permette.

En période d'hivernage

Entre novembre et mars, la réserve accueille de nombreux oiseaux aquatiques qui stationnent principalement sur le Rhône. Jusqu’à  2.000 ou 3.000 canards et Foulques macroules en fonction des conditions météorologiques outre de nombreuses Mouettes Rieuses et Goélands leucophées.

Une trentaine d’espèces sont alors présentes en hivernage. Parmi les plus nombreuses : Canard colvert, Fuligules milouin et morillon, Sarcelle d’hiver, Foulque macroule, Cygnes tuberculés.

A noter la présence en nombre de la Grande Aigrette avec le plus grand dortoir de la vallée du Rhône (plusieurs dizaines d’oiseaux).

Plus rares et occasionnelles, des espèces comme la Tadorne de Belon, l'Eider à duvet, la Macreuse brune, les Canards pilet et siffleur, le Fuligule nyroca, la Harle piette, le Cygne de Bewick.

A noter également la présence du Butor étoilé et de novembre à fin mars de nombreuses Rémiz pendulines originaires des rives de la mer Baltique et d’Europe centrale (Lettonie, Pologne, Allemagne). On observe très occasionnellement  des groupes de Pluviers dorés qui font halte sur les parcelles cultivées à l’est de la réserve.

Durant les migrations 

Au printemps et à l’automne le site accueille des milliers de migrateurs d’une centaine d’espèces différentes:

Balbuzard pêcheur, Milans noirs, Bondrée apivore, Circaète Jean-le-Blanc, Faucon pélerin

Cigogne blanche et Cigogne noire, Marouette ponctuée, Hirondelle des rivages, Guêpier d’Europe

Chevaliers guignette et sylvain, Combattant varié, Échasse blanche, occasionnellement Avocette élégante.

ainsi que des dizaines d’espèces de passereaux : Bruant des roseaux , Mésange bleue, Rémiz penduline, Rousserolle effarvatte...

 

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